Je me relève après l’échec, j’avance malgré le doute !

Je suis du genre à beaucoup douter. De moi, et donc aussi des autres, voire de la vie en général. Je parle ici d’un doute qui se rapproche de l’angoisse, de manière plus ou moins importante selon les événements. J’ai souvent peur de ne jamais obtenir ce que je veux profondément, de ne pas voir se réaliser mes rêves. Pourtant, lorsque je crois très fort en quelque chose et que je me donne les moyens d’y arriver, j’arrive à connaître du succès dans mes entreprises, quel qu’en soit le domaine. Mais de nombreuses fois, et même dans les cas où il n’y a pas nécessairement un échec, je doute. Je me mets à avoir peur, déraisonnablement et à imaginer les pires scénarios : je perds tout ce que j’ai, j’échoue littéralement, je vis le plus noir des cauchemars, je suis rejetée, humiliée, blessée, abandonnée. Alors fatalement, lorsque quelque chose qui me tient à coeur ne tourne pas comme je l’aurais souhaité, le doute est plus que jamais présent en moi.

Pourquoi cela n’a pas fonctionné, pourquoi n’ai-je pas réussi ? Est-ce entièrement de ma faute ? Est-ce que j’ai un problème ? Vais-je connaître toute ma vie l’échec dans ce domaine-là ? Est-ce que les autres sont mieux que moi, plus à même de réussir, mieux armés que moi ? Dois-je dire adieu à ce dont je rêve et tirer un trait sur tout ce que je désire ? Je me pose mille et une questions qui ne font qu’accroitre le doute que je ressens vis-à-vis de moi-même, de mes capacités, voire de mon être. Je sais que tout cela est assez extrême et que bien souvent, ça ne m’aide pas à rebondir.

Alors, en grandissant, en lisant et en me documentant, j’ai appris de nombreuses choses sur le développement personnel, la psychologie, les relations et sur le rapport qu’on entretient avec soi. Je me suis rendue compte que mon envie de vivre et de réussir était bien trop forte pour me laisser abattre par l’échec, malgré la tentation de le faire lorsqu’on n’a pas du tout le moral. Effectivement, c’était tentant pour moi de regarder indéfiniment le film de tout ce qui n’avait pas marché, et de me poser encore et encore mille et une questions. C’était tentant d’imaginer des réalités alternatives en se disant que peut-être, si j’avais agi ou parlé différemment, si certains paramètres avaient été différents, les choses auraient pu tourner en ma faveur. C’était tentant de me projeter dans un futur alternatif dans lequel je prendrais ma revanche et où tout ce qui m’avait été « refusé » se produirait enfin comme par magie. Mais force a été de constater que toutes ces réactions-là, bien que naturelles lorsqu’on tombe de haut suite à une lourde déception, n’aident pas à se sentir mieux et à avancer.

J’ai donc pris le taureau par les cornes (j’aime particulièrement cette expression qui met à l’honneur mon signe astrologique !). J’ai tant bien que mal essayé d’accepter des situations extrêmement désagréables, qui me faisaient terriblement mal. J’ai pris du temps pour moi, en faisant ce que j’aimais, ce qui me détendais, en me faisant plaisir. J’ai essayé de me changer les idées en bougeant, en allant voir des amis, en sortant, en faisant des activités agréables. J’ai appris petit à petit à m’aimer vraiment, à me le dire, à me complimenter, à m’encourager, à me donner de la compassion et à être bienveillante envers moi-même. Et, chemin faisant, malgré la douleur et la peine, je me sentais heureuse car j’avais enfin trouvé un alignement intérieur.

Est-ce que je ne ressens plus de souffrance ? Bien sûr que si. Lorsqu’on est profondément blessé, les plaies ne se referment pas comme ça. Et malgré les sourires, les bons moments, la compagnie des uns et des autres, il arrive qu’on se sente malgré tout triste, en colère, minable et vide. Il m’arrive encore de me demander si j’arrive vraiment à aller de l’avant, si je ne me voile pas plutôt la face, en essayant de fuir la douleur. Mais pourtant, je l’écoute, ma douleur, et je la laisse s’exprimer. J’ai atteint un stade où je n’avais jamais autant pleuré avant, où je ne m’étais jamais sentie aussi abîmée, probablement parce que l’échec récent que j’ai connu a été l’un des plus gros coups durs de toute ma vie. 

Il y a des choses qu’on ne choisit pas, des événements qui bouleversent nos plans, des échecs qui ne dépendent pas (que) de nous. Par contre, suite à tout cela, j’ai compris que j’avais le choix d’agir, ou de mourir. J’utilise volontairement ce mot très fort car c’est comme cela que je perçois les choses. Si je me laisse détruire et engloutir par ce qu’il m’est arrivé de négatif, que j’en sois responsable ou pas, je ne remonterai pas la pente, ou alors de plus en plus difficilement. Si au contraire j’essaie de m’en sortir et de poser des pas jour après jour vers ma reconstruction, là je sais que j’y arriverai. Même si ce sera long. Mais ce n’est pas parce que cela prendra du temps que ça ne finira pas par aller mieux.

Aujourd’hui, dans mon quotidien, je connais des hauts et des bas. Des hauts qui réchauffent le coeur, et des bas très très bas. Je n’ai aucunement la prétention de dire que tout va bien et que rien ne m’atteint plus. J’ai justement encore du mal à parler de ce qui me fait mal, même à des gens de confiance, parce que je prends alors conscience de toute la vulnérabilité que ces choses-là me font ressentir. Au contraire, j’essaie de rester positive et de montrer que je vais de l’avant. Mais ça ne veut pas dire qu’intérieurement je nie quoi que ce soit. Je devrais d’ailleurs apprendre à plus extérioriser ce que je ressens, à en parler et à ne pas le vivre seule. Ce sera certainement la prochaine étape. Mais ce qui est sûr aujourd’hui, c’est que je ne joue plus contre moi, mais avec moi. Je ne vois plus mes erreurs et mes échecs comme des punitions, mais comme des opportunités de faire mieux, de grandir et d’aller encore plus loin. En me donnant les moyens d’aller de l’avant, je sais que j’ai pris la bonne décision. C’est peut-être ça, la résilience. Toujours être là pour soi, quoi qu’il puisse se passer.

May

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